27.08.2008
Ce qu'il est (peut-être) advenu de Rade Terminus
Il paraîtrait que l'on ne trouve plus dans tout Diego d'exemplaire de Rade Terminus (le livre de Nicolas Fargues dont le personnage central est la ville de Diego). J'imagine qu'à l'issue d'une expédition punitive infructueuse - l'auteur aux beaux yeux a fui le "trou du cul du monde" pour les cercles littéraires et mondains de la capitale parisienne -, les habitants blessés par ces sarcasmes et diatribes plus ou moins virulentes, les expat' dégoutés d'être définitivement représentés en gros salopards répugnants, les jeunes malgaches irritées par la peinture de leur prétendue vénalité, ont dû se rassembler en une farandole joyeuse pour assister au flamboyant autodafe des oeuvres de M. Fargues.
Il m'a fallu sacrifier mon exemplaire de Rade Terminus au moment de fermer ma valise, alors vous vous passerez d'extraits de cette prose contemporaine suintant la coolitude. Ce n'est pas franchement grave si l'on considère qu'une succession de points de vue, une facture de phrases malmenée et l'emploi surabondant de gros mots ne suffisent pas tout-à-fait à faire de vous un Faulkner ou un Céline.
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Ny rivotra sy ny alika
M. le Vent était un personnage chéri de mon enfance. Pour avoir répondu positivement à la "question fondamentale", nous recevions des Michoko par son entremise, déposés sur le banc près de la maison.
Ici pas de Michoko. Mais le vent règne en maître. Il souffle la journée durant, traîne avec lui son voile de poussière brune, emporte avec lui le fracas des tailleurs de pierres, ébouriffe les arbres du voyageur, fait voleter quantité de sachets-plastique colorés, semble ne jamais se lasser de se rappeler à nous.
On a beau attacher les volets, caler les portes avec de petits bouts de carton pliés, rien n'y fait. C'est un concert toujours renouvelé de claquements et froissements, cliquetis et bruissements.
De cela, on pourrait s'accomoder, s'il n'y avait les chiens. Ces chiens avec qui je cohabite péniblement et que le vent rend fous. Ils aboient nuitamment et me suivent dans mes moindres déplacements, s'enroulent autour de moi pour me léchouiller les orteils. Ils rient de mes tentatives désespérées pour m'en débarrasser et sont la preuve incarnée que je n'ai décidément aucune autorité naturelle.
16:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
N'est pas Edmond Baudoin qui veut...
Dans la besace à patouille offerte par B., il y a des crayons aquarelle, de l'aquarelle, des pastels secs et deux carnets Moleskine, ceux qu'avaient toujours dans leur popoche Picasso, Hemingway ou Chatwin. Oui, mais voilà : si avec du mauvais matériel, on peut toujours se trouver des excuses en cas d'échec patent ; là au contraire, je suis bien contrainte de reconnaître que j'ai du boulot avant de parvenir à quelque chose qui n'ait pas l'air d'un crabouillage raté de fin de maternelle.
Il y a eu d'abord la tentation de l'aquarelle. Après tout, j'habite au bord de l'Océan Indien maintenant, ça s'impose! D'autant que le bleu sorti du godet est quasiment de la nuance "baie de Diego". C'est pratique. J'étais pleine d'espoirs et d'ambitions : "Si je réussis çui-là, je démissionne et me lance dans une carrière de Peintre de la Marine, comme Titouan et Monkowicky...." A croire que mon destin est tracé : je suis et resterai l'ouvrière laborieuse vouée corps et âme à l'instruction de notre jeunesse. C'est Titouan qui aurait bien rigolé. Des couleurs saturées avec effet "cracra", des cernes dégueulasses. Une horreur.
Devant l'évidence, j'ai changé d'outils. A moi les pastels! Et vingt minutes plus tard, les doigts maculés, je devais me rappeler qu'estomper ne rend pas un dessin raté, meilleur ; ça le rend plus sale. C'est tout.
Merci B., pour cette leçon d'humilité. T'es pas ma tutrice pour rien!
(Demain, j'me mets à l'encre. Baudoin et Loustal n'ont qu'à bien se tenir)
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